Deserting Las Vegas

“The contemporary as a cacophonic mess gives us enormous hope…”
Blog : the Making Of

Blog : the Making Of

An enormous mess // P.S. by R.D.

Un groupe d’ados éternels se délite lentement, tente de s’extraire du mini trou noir de l’humanité. Visitée comme un musée, Vegas était un but comme un point d’attraction, elle sirote lentement l’eau du lac, elle s’éteint au bord du monde. Aimée ou pas, ce serait un passage obligatoire comme la vue des abattoirs ou mieux comprendre ce vers quoi nous glissons, sûrement. C’était notre but, pour la plupart dénué d’impatience. 3 jours trop longs où 15 seraient trop courts.  

Chacun s’est dispersé, Straciatella d’abord, Dennys, No, Daphney, Markus. Adi et Morrison les croisent pour un dernier diner matinal au 24/7 Golden Gate, un lieu qui procura un plaisir à point, avec bacon et verre de Chardonay à la veille de Noël. Suivra un feu à la source, fuir peut-être les clignotements incessants même par reflets, pour ceux d’un bois à 5,50$ la botte, s’extraire des musiques projetées, entremêlées, amalgamées, ultra-compressées, dedans, dehors. Appeler, rappeler, plus fort, plus clair, plus grand, plus direct, par le sexe, par l’alcool, par les clichés en série. Un Howl institutionnalisé, capitalisé. Fuir l’odeur vanille vaporisée par intervalles de 3 minutes, à chaque recoin, jusqu’aux parkings. Les palmiers plantés dans le bitume n’attendent que d’être regardés.

Anne-Laure, puis ce sera encore Gigi, levée les yeux fermés, peu avant la navette réservée la veille. Chacun ère vers la sortie et s’apprête à scinder un groupe qui n’a jamais été qu’un amas d’électrons libres à vitesses de rotation variées, variables, donnant avec le recul, un noyau abstrait, stable par la tension. Une bulle se déplaçant sur les routes de bitume noir, de lignes jaunes, de terres rouges, de cailloux, de neige, de vagues, de sel, les rails d’un train fantôme vallée de la mort, les lignes hors du GPS, des lignes si droites n’attendant que de se rejoindre enfin. Et nous courrions après. N’étions-nous pas ces trous de lumière dans le ciel désertique, qui par sommes d’individualités donneraient lieu à des formes plus et moins évidentes ? Tout étant constellation, selon la forme qu’on voudra bien y projeter. Se mettre en péril, ouvrir ses pores, ses bronches, respirer, avaler à grandes bouffées l’odeur des jardins brulés par la glace, sortir de la route tracée à la minute près, vider les litres de pisse et d’eau grise, manger et encore, boire peu, alcoholism (sic), couper des oignons, verser des larmes et enfin de la buée sur les vitres tintées, au milieu d’un nul-part collectif, cuire des œufs, six ou douze et quelques tomatillos. Se faire balancer par le vent fantôme d’une nuit. Se chercher, ou bifurquer des autres, dès le départ du jour. Ne pas se comprendre à force de parler et exactement inversement. Aussi, s’attendre pour un silence. Find them, une prophétie, alors que certains ont disparu dans la nuit de Joshua, joindre la partie claire du noir et blanc nocturne. Tous en arc de cercle sur un parking, et attendre son tour. Charger le matériel, décharger. Installer, plier les câbles dans quel sens, rassembler, accrocher, contempler l’activité des autres, occupy le salon de Laurent à Greensboro avec nos laptops, ipods, iphones, sans mot. Blog vs Facebook. tag vs supprimer, talk vs budget. La question des propres limites esthétiques personnelles comme les jardins délimitées par une clôture en plein désert. Pourquoi se coller à l’autre, par tant de place. Parler français, parler anglais, tenir bon, reparler français, abandonner.

Adi quitte l’hôtel pour une marche, Morrison tente un dernier café au Beat, en le buvant il doit déjà penser à comment atteindre l’aéroport. Pourtant, c’est ce qu’il a tant attendu. La ville vide et large, a new ghost city ? Un tas ordonné de maisons juxtaposées, nées en ruine. Le Grand Canyon subjugue, malgré toutes les images. Jusqu’aux larmes. les réserves indiennes, les chants kechmech et moutons grillés, les limites troubles du tourisme et des étalages de boucles d’oreilles, authentiques, comme les traces de dinosaures, l’alcool noir, les colonies, la propriété, la foi, this is the law dit l’agent qui emporte la voiture pour la deuxième fois aujourd’hui. Texas vs New Mexico. Trop peu de temps pour appréhender l’urbanisme et l’organisation. Où trouver des légumes. Où trouver quelque chose dans un supermarché grand comme quatre terrains de foot. Ne pas s’y disperser, ne pas baisser les bras, pour ne pas y acheter un fusil à pompe. Se jeter dans le vide de la stratosphère ou rester stuck, au ciel, contempler les souvenirs comme dans chaque station service et gift shop. Comprendre et supporter la latence d’un groupe non-homogène aux caractères éclatés, envisager l’espace, positionner le pole, ouvrir le plafond s’il est trop bas, charger l’hélicoptère et parfois démarrer la pièce sans le savoir. Bilans permanents, psychologies et thérapies, salon massages dans la chambre sur roues, à l’arrière, des cartes, des bières, des miles, des heures, des ordinateurs, des fusibles, du calme, des amis, des envies, des urgences, des inconforts permanents, des voix, des musiques, stridentes, des phrases mythiques, du Panavision.

Louise semble s’attrister à l’approche du retour. Ses yeux brillent, quasiment cachés par le visage rond, le sourire rond. C’est kitch, mais aux pires endroits, aux pires moments, reste le lever de soleil comme soulèvement salvateur, les oreilles bouchées avec léger acouphène, tout semble calmé. Encore une marche longue après ces danses enivrées, jambes coupées et la peau des mains ultrasensible, le premier café approche, lui-même attente du second. Le soleil est haut, les gens jouent, ils errent dedans comme dehors.

Straciatella a fait une rencontre importante. Chaque représentation est si différente dans son tout. ; c’est la richesse de l’expérience. Professionnel vs amateur, une question sans fond. Être adulte. Avoir un enfant. Ne pas être adulte. Une station Shell au milieu du désert, du wi-fi par satellite, très lent, au bord d’une route rectiligne. Les paysages appellent. Des motels en bordure d’autoroutes, repérés de nuit, inespérés. Dormir dans le camper sur le parking, dormir dans le camper par -7C° et vider la batterie, une sonnerie cinglante en plein sommeil. La refouler. Un corps gisant sur le côté de la route, et des dizaines de gyrophares excités grouillent et gravitent. Le pont de Philadelphia massif et multicouches, un enregistrement tôt le matin. Un karaoké interminable d’attente à Nashville, un Hot Chiken planifié de longue date. Des discussions pour rafistoler la structure. Une séparation. Un enfant (peut-être).

Lors de son dernier café, Morrison trouve Yannis et s’y colle jusqu’à l’aéroport, avec Louise. Chercher un bus dans un jour désert, et espérer ne pas y rester une nuit de plus. Survolant les US vers l’est, les trois sont dans l’avion, dispatchés par l’ordinateur, aux quatre coins. Personne ne se déplace pour s’approcher, un éventuel manque de solitude, croissant. A l’instant, chacun s’éloigne de Las Vegas et des meilleurs pancakes au monde, c’est vrai. Après sa marche, Adi devrait s’apprêter à monter dans l’avion. Le tout, aussi intense qu’éphémère. What happens in Vegas, stays in Vegas à dire haut et fort. Une dernière musique : The Man Who Sold the World, par D. Bowie. Entre Gatwick et Heathrow, dans le gris cliché londonien, la batterie touche à sa fin. All was an enormous mess.

[Flash 10 is required to watch video]

Looking Vegas in the eyes

Las Vegas // The end of a Journey

Memory now crystallizes on few things :

Distant laughs, engines murmurs, glacial nights, summit meetings, touching moments of solitude, such in lack of sleep that it wont come anymore,  overwhelming landscapes, wandering in deserted streets looking for a remaining sign of history, strengh to be found when you haven’t got any left, the tirelessly desire of all.

A journey in the meanders of your ego, along with the one of the others. After all, you encounter youself.

A time given to do, or try, at least.

The desire of infinity, the no return, the forever wander. Would it be possible ?

To never exit the road, to stop searching for roots, to undo the links, to get rid of our bags, to drop the sand grasp left in our hand, and one foot in front of the other, listen the heels echo fade away in the passed instant.  

Breakfast at Amargosa café

Breakfast at Amargosa café

Behind the mirror

Behind the mirror

Zabriskie Point

Zabriskie Point

Good morning

Good morning

Tuesday, Wednesday // Death Valley

While crossing the Death Valley, we discovered Brecht’s inspiration for Mahagonny as one of the ghost cities of this desert, founded in the end of 19th Century and inhabit by 10’000 people in search for Gold and progressively abandoned in the 1930’s. One of these places is called Mahogany… Could it be the meaning of « death » for Death Valley? It has become more and more clear that Las Vegas could be in direct filiation with the Gold rush ideaology.

Shooting day for the movie project : we got interrupted by the security gard while setting up the pole in the desert, and we chased the sun until the very last seconds at Zabriskie point.

Amargosa Opera House, the strangest hotel of all our trip. A long corridor, empty rooms, ghost hunters, japanese tourists, footsteps sounds and the wind invading every single millimeter of our dried out skins.

Hanging out in Rosamond

Hanging out in Rosamond